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Enfin, la Batterie A devait, à Ameurschwir, nuit et jour sous
un déluge de feu, défendre chaque pouce de terrain jusqu'à la déroute de
l'ennemi. A Benfeld, sur les rives souriantes de l'Ill, un tir roulant
d'artillerie devait causer des pertes sanglantes. Luttant de vitesse avec la fin
des hostilités, la Batterie A ne tentait-elle pas de prendre d'assaiut le
tunnel de l'Arlberg ?
Qu'une citation à l'ordre du Corps d'Armée vienne consacrer
tant d'efforts et tant d'héroisme, cela n'a guère d'importance en regard des
pertes. Vous fûtes des meilleurs, les meilleurs sans doute, vous,
Sous-Lieutenant Cambus, vous, Maréchal des Logis Granger, qui avez forcé
l'estime de vos camarades et de vos chefs : raison froide, volonté inflexible,
vous saviez ce que vous faisiez, les dangers auxquels vous vous exposiez. Le
tout, vous l'avez compris crânement en hommes ! Et vous , Brigadier-Chef Biron
qui, deux jours avant votre glorieuse mort, songiez à partir aux parachutistes,
vers encore plus de danger. Et vous tous, Moise Gillier, René Blavy, Pierre
Simard, Georges Ducanda, André Olivarez, Albert Prenez, jeune homme de seize
ans et demi, mascotte des half-track qui, à l'heure où d'autres ne pensent
qu'au plaisir, avez songé que la jeunesse est faîte pour l'héroisme. Et vous,
Maxime Molinuevo, François Pascal, Marius Pera, Marcel de Yebra - et vous, nos
amis, Mohamed ben Salah, Brigadier Mohamed ben Hamed, Salah ben Hamar, Krheib
ben Mohamed, vous qui avez quitté vos douars et êtes descendus de l'Atlas pour
venir mêler votre sang à notre sang, recevoir les mêmes coups, participer aux
mêmes Honneurs. Vous avez tous compris que tant que l'on n'a pas tout donné,
l'on a rien donné !
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